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1944-1945
Les années
troubles

 

L'affaire
Sommer

 

L'affaire du
Comité de Nice.

 

L'affaire
Valérie G.

 

 

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    1944-1945 : les années troubles

Après un hiver 1943-1944 durement ressenti en raison de l’insuffisance de nourriture et de bois de chauffage, la condition des hébergés, bien qu’ils fussent désormais beaucoup moins nombreux, a empiré. Le nombre des décès de septembre 1943 à janvier 1946 s’est élevé à 26 : 12 de septembre 1943 à mai 1944 et 11pour la même période 1944-1945. La situation s’est toutefois améliorée à partir de l’automne 1944 avec la Libération et une nouvelle direction. De la fin de l’année 1943 à la fin de l’année 1945, plusieurs événements dramatiques ont affecté la vie du camp et le moral des internés.

- 20 janvier 1944 : le mitraillage du Camp 

Le 10 janvier 1944, vers 21 heures 15, c’est-à-dire en pleine nuit, l’éclairage aux pignons des baraquements étant allumé, un avion d’origine inconnue a effectué deux survols du camp, du sud au nord, et mitraillé  les baraques au canon de 20 mm au deuxième passage, causant des blessures, dont certaines graves, à cinq femmes, provoquant des dégâts matériels importants dans ces installations légères et semant bien entendu la panique. Peu de temps avant, un avion semblable, que l'on a supposé être le même, s'était livré au même genre d’exercice dans les environs de Mirande et à l’entrée de cette ville même. (Documents)

Une dizaine d'étuis de ces obus ont été trouvés au sud du bourg dans les jardins à la hauteur desquels le pilote a dû déclencher son tir en rafale. Certains de ces étuis sont encore réunis en bande. Ils portent des inscriptions qui devraient permettre d'identifier leur origine avec précision. Interrogé à leur sujet, le musée de l'aviation de Berlin répond que la bande d'étuis appartenait très certainement à un canon aérien de 20 mm Hispano AN-M2C utilisé pour le Lockheed P-38. Le fait qu'il s'agisse d'une munition américaine peut être aussi déduit de l'inscription typiquement américaine "M21A1".

- Au printemps 1944 : rumeurs de déportation :

« Quelques mois après ce mitraillement une commission de 2 officiers allemands arrivent au Centre, ils demandaient des listes de tous les Israélites (en somme 170). Le Directeur nous déclare : il faut compter et se préparer sur la déportation. Heureusement à la dernière minute le Gers, la France a été libérée par les vaillants maquisards et les armées alliées » (Wilhelm Byk).

Durant l’été, après la libération du Gers, le camp et ce qu’il représentait ne pouvaient qu’attirer l’attention des Résistants. Ce que confirment les circonstances entourant l’incident suivant.

- A l’automne 1944 : ce que nous appelons « l’affaire Sommer »

Elle est suivie d’un changement de direction du camp, sans que l’on sache s’il y eut un lien de cause à effet entre les deux.

- A l’automne 1945 : « l’affaire du Comité de Nice »

Jusqu’à l’été 1945, la permanence du « Camp d’hébergement des Israélites de Masseube » est un objet de curiosité, voire d’étonnement : l’« affaire du Comité de Nice », nous mène au terme de cette longue période d’hésitations concernant la destinée des Juifs internés depuis mars 1943.

- A l’Hiver 1945 : « l’affaire Valérie G. » 

Une « apatride » récemment arrivée au camp se croit entrée dans « un camp de concentration » et fait scandale.

Tous ces événements, sauf peut-être le dernier, ont affecté des hommes, et des femmes surtout, qui attendaient toujours leur « sortie », laquelle ne s’est produite en fin de compte, pour une centaine de Juifs, qu’en novembre 1945, soit 16 mois après la Libération ! C’est ainsi que se termina l’histoire du « camp des Juifs » et que commença celle du « camp des Espagnols ».

Deux grandes questions restent posées au terme de cette histoire :

- Comment se fait-il que les Juifs demeurés au camp de Masseube aient échappé à la déportation à Auschwitz ? On a déjà ci-dessus un élément de réponse grâce à Wilhelm Byk : d’après son témoignage, les occupants en avaient l’intention et s’y préparaient, mais ils auraient été pris par le temps.

- Comment se fait-il que ces Juifs n’aient pas été libérés avant novembre 1945 ? A cette question l’« affaire du Comité de Nice » a le mérite d’apporter des éléments de réponse.