A.D. Gers 1W592

Ce document est l'un des rares à parler de "camp de concentration". Ici il est à noter que ce sont les Renseignements Généraux du Gers qui reformulent.

SECRET – destinataires : Préfet Gers et Insp. Reg.

Date de l’interception : 19 mars 1943 

Date du document : 18 mars 1943

Expéditeur et origine : Madame GALERNE, Infirmière Chef, Camp de Masseube (Gers)

Destinataire : M. MIRAMON, Chef du personnel des Camps, Police Nationale, Hôtel Balmoral à VICHY

Résumé : Installation d’un camp de concentration à Masseube

Copie de la lettre :

s/c de M. AULANIER, chef de camp

J’ai l’honneur de vous confirmer que je suis arrivée avec le premier détachement de NEXON mais que j’ai été fort étonnée de ne pas trouver les transformations que j’avais demandées. Après une conversation avec M. AULANIER j’apprenais que malgré toutes ses démarches et son insistance, c’est à la Préfecture que nous n’obtenons pas le bois nécessaire pour ces travaux de simple menuiserie, ainsi que les bons pour clous, instruments de travail etc…

J’avais vu à NEXON peu avant mon départ, Monsieur Jean FAURE qui me disait avoir donné des ordres pour faire faire au plus vite les douches et les planches à paquetage ; malgré cela, nous nous trouvons sans une planche, sans un clou, sans tuyauterie… Il semble qu’il y ait un mauvais vouloir ou une indifférence de la part de la Préfecture, ces messieurs prétendent qu’ils n’ont pas d’ordre pour le camp de Masseube.

Nous avons reçu les 250 hébergés de NEXON, l’activité du camp est parfaite, mais les aménagements nécessaires envisagés (douches etc…) ne sont pas prêts comme je l’avais espéré.

Quant aux infirmières de GURS que vous avez bien voulu m’envoyer – tout en vous remerciant de m’avoir donné Melle B., je déplore l’arrivée de Melle S. – Je vous avais parlé, lors de ma dernière visite de cette infirmière pour laquelle à RIVESALTES j’avais demandé un licenciement et si ce n’avait pas été au moment du départ où nous avions tant à faire et peu de temps pour faire des rapports. Non seulement elle avait une conduite déplorable, avec un nommé M. mais par cet homme qui était au ravitaillement elle se faisait remettre des denrées alimentaires contingentées prises au camp – Le jour même du départ, je l’ai fait constater à Monsieur LITTAYE et Melle S. n’a pas pu le nier. J’ose espérer que vous ne la laisserez pas à Masseube car à GURS sa tenue n’a pas été irréprochable comme peut vous le dire M. AULANIER, et dans ce petit pays de gens aimables et tranquilles elle risque fort de nous attirer des ennuis et un discrédit sur le camp. Melle GUIBAUD étant absente de GURS au moment des nominations, je pense que Melle AUBRY a été bien contente de se débarrasser de Melle S. La 3° infirmière Melle L. que je ne connais peu (sic) encore a l’air très bien.

A part cela, tout va bien et ce camp marchera très bien.

GALERNE