A.D.Gers 1W592

REPUBLIQUE FRANCAISE. 

RENSEIGNEMENTS GENERAUX du GERS. 

N° 1349 

AUCH, le 4 novembre 1944. 

LE COMMISSAIRE DE POLICE,
CHEF des Forces de Police du Gers, 

à  Monsieur le PREFET du GERS
- Cabinet – 

OBJET : enquête sur le Camp d’Etrangers de Masseube.
REFERENCE : V. lettre du 29 Septembre 1944, AD/MG. 

J’ai l’honneur de vous adresser ci-après le résultat de l’enquête effectuée à la suite des griefs articulés par Monsieur SOMMER, aumônier israélite, contre le directeur du Camp de MASSEUBE. 

Monsieur SOMMER, rabbin et interné dans ce Camp, avait été adjoint il y a un an environ par ses coreligionnaires au Comité Social des Internés en même temps que M.M. Max STEIN, le Docteur JOKL et BICK afin de s’occuper de l’aide morale à apporter à tous les internés. Toutes ces personnes ne se contentèrent pas de leur rôle moral, et se chargèrent en outre de la répartition des différentes denrées provenant de l’U.G.I.F. Il en résulta un certain mécontentement parmi les internés qui reprochaient au comité d’effectuer la répartition des denrées de façon inégale, en réservant une trop grande part aux 34 Polonais du Camp, tandis que d’autres ne recevaient qu’une petite part de ce qui devait leur revenir normalement. 

Quant à Monsieur PERARD, Directeur du Camp, la quasi-totalité des internés sont unanimes à reconnaître que l’Administration du Camp s’est montrée à la hauteur de la tâche, malgré de grandes difficultés, au point de vue ravitaillement. Tous ont une grande admiration et une très profonde reconnaissance envers leur Directeur. En effet, il est reconnu que Monsieur PERARD s’est dépensé sans compter pour apporter une amélioration matérielle aux internés, tandis que Mme PERARD se dévouait continuellement auprès des malades, leur prodiguant ses soins éclairés. 

D’après les renseignements recueillis parmi les internés, il résulte que le Rabbin SOMMER et le Comité Social avait monté aussitôt après la libération, une réelle cabale en vue de remplacer l’Administration actuelle du Camp. Sur ces entrefaites, SOMMER étant parti à PARIS, le calme complet est revenu au camp. 

Aussi, la grande majorité des détenus, qui doit prochainement quitter MASSEUBE, n’est pas prête d’oublier l’excellente attitude dont Monsieur et Madame PERARD, ont toujours fait preuve. 

Dans ces conditions, il n’y a pas lieu à mon avis, de tenir compte des griefs prononcés par le rabbin SOMMER, qui paraît avoir agi dans son intérêt personnel, et non dans celui de ses israélites. 

LE COMMISSAIRE DE POLICE
CHEF du Service, 

Signé : Bousquet